29 octobre 2019

Entre les mois de mai et de septembre derniers, l’artiste Cécile Raynal a effectué une résidence de huit semaines à l’hôpital privé Natécia, la première mise en place par la maternité lyonnaise. De ses rencontres avec le personnel et les patients sont nées une vingtaine de sculptures qui seront présentées au public jusqu’au 20 janvier prochain.

 

 

Cécile Raynal est une artiste nomade, donc la création s’inscrit régulièrement dans le cadre de résidences réalisées en France ou à l’étranger, souvent dans des lieux singuliers et toujours éloignés du monde de l’art. C’est ce parcours et cette démarche atypiques qui ont convaincu Natecia d’accueillir la sculptrice entre ses murs pour la première résidence d’artiste mise en place par la maternité lyonnaise.

Durant plusieurs séjours effectués entre les mois de mai et de septembre, l’artiste s’est donc immergée dans la vie de l’établissement, parcourant ses couloirs avec un cahier de croquis ou modelant directement dans la terre les portraits des personnes qui venaient à elle, professionnels de santé comme patients.

Ces temps de pose parcourus d’échanges sensibles ont donné naissance à des figures d’argile habitées par les circonstances si singulières de ces rencontres : l’attente d’un heureux événement, toujours teintée d’incertitude, pour les futurs parents ; la passion et la tension, constamment liées dans l’activité des équipes soignantes.

De retour à l’atelier, d’autres sculptures ont vu le jour. Figures d’animaux, de nouveau-nés, de peluches, littéralement chorégraphiés sur des blocs de bois, sont venues dialoguer avec les portraits. Cécile Raynal a tissé dans ses sculptures des liens poétiques, incongrus ou ludiques, en écho aux perceptions et aux réflexions qui ont nourris sa résidence. Pour la sculptrice, la maternité est apparue en véritable caisse de résonnance de questions fondamentales : le rapport à la vie et à l’enfance, la parentalité et ses enjeux de pouvoir… 

"Après quelques semaines passées dans une maternité, des bébés s’invitent. A ma grande surprise ils se marrent, se moquent. L’ironie évacue le risque réel de la mièvrerie sur de telles figures. Quant à la piéta, elle n’est jamais loin…".

— Cécile Raynal

Au total, c’est une vingtaine de sculptures et d’installations qui seront présentées au public dans le cadre de l’exposition "À l’enfant qui nous garde", accueillie par Natecia du 28 novembre 2019 au 20 janvier 2020 (tous les jours de 7h à 20h. Entrée libre). Le vernissage, sur invitation, aura lieu en présence de l’artiste le jeudi 28 novembre à 18h.

 

Diplômée de l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Toulouse, Cécile Raynal est une artiste plasticienne qui se consacre depuis 2008 exclusivement à la sculpture, axant sa pratique sur le portrait de personnes, de bêtes ou d’objets. La sculpture est chez elle un outil pour explorer le monde, entre documentaire et fiction. Ainsi déplace-t-elle souvent son atelier dans des lieux clos, oubliés ou à la marge (un centre de détention, un porte-conteneurs, un hôpital, un couvent, les réserves d’un musée, ...), qu’elle parcourt et re-situe dans ses installations, scrutant les visages des personnes rencontrées comme géographies et lieux de mémoires. En 2018, l’une de ses résidences l’a amenée à longuement explorer les réserves du Musée des arts et métiers de Paris. Les œuvres réalisées à cette occasion ont permis l’exposition "Petites histoires en réserve", au musée de mai à septembre 2018. Cécile Raynal vit et travaille en Normandie. 

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