Introducing Albano

17 septembre 2018

Depuis plus de dix ans, l’artiste espagnol Albano développe une œuvre singulière, dont l’originalité et l’audace ont été distinguées dans son pays avant même qu’il ait achevé ses études aux Beaux-Arts. Celui qui réfute le qualificatif de peintre abstrait revendique une peinture ancrée dans la réalité : celle de l’atelier où il travaille autant que celle des lieux qu’il a traversés et que sa mémoire restitue sous forme de couleurs et de composition.

 

Albano devant l’une des oeuvres de sa série Atlas : Atlas 1628, Copenhague

 

Dans les tableaux de sa récente série Atlas, qu’il présente sur Artistics, les souvenirs de territoires parcourus (en premier lieu, le vert puissant des champs cultivés de Castille au printemps) se mêlent aux marques d’espaces plus intimes (l’atelier avec les traces de son activité : résidus de peinture prélevés sur sa palette, cartes de couleurs Pantone, damiers inspirés des damiers de transparence de Photoshop, etc.). Si bien que ses toiles peuvent être vues à la fois comme un journal intime, et comme une réflexion sur le processus de création lui-même. 

Peinture de la mémoire et du subconscient, l’œuvre d’Albano échappe aux étiquettes : "Les éléments que j’intègre à ma composition viennent du monde réel, d'une réalité vécue. Il est donc impossible pour moi de qualifier mon travail d’abstraction, géométrique ou autre, ou de tout autre label conventionnel."

Pour le critique d’art Brane Kovič, ce que révèlent les peintures d'Albano, c’est "qu’un champ de couleurs méticuleusement élaboré agit comme un piège qui absorbe le regard et oblige le spectateur à explorer progressivement d'autres éléments sur le plan de l'image. En les reconnaissant et en les identifiant, nous devenons de plus en plus conscients que le sujet réel de chaque image est la question de sa production et de sa structuration ou, en d’autres termes, que l’artiste continue de penser picturalement, analysant son médium et le processus de la création visuelle."

Albano attribue un rôle fondamental à la composition, davantage encore qu’à la couleur et la texture. Il compose ses toiles comme d’autres composent une partition musicale : en termes d'harmonie, de syncope et de changements de rythmes. Et dans un aller-retour permanent entre ajout et retrait : "la peinture appliquée au pinceau représente peut-être 5% du tableau. Le reste est travaillé avec des spatules, des règles, des cartons... Je travaille sur plusieurs toiles à la fois et parfois je prélève de la matière sur une pour la transférer sur une autre. Pour moi, ça a une dimension presque magique. Cela enrichit la peinture et ça crée un dialogue entre les oeuvres."

 

Le vert caractéristique des tableaux d’Albano, ici dans une oeuvre de grand format (200 x 200 cm) : Atlas 1609, Banaue 

 

Albano Hernández Domínguez est né en 1988 à Ávila, en Espagne. Il vit et travaille aujourd’hui entre Cambridge (Angleterre) et Madrid. Après le bac, il entre à l’école des Beaux-Arts d’Avila, puis effectue une licence de Beaux-Arts à l’Université Complutense de Madrid, dont il sort diplômé en 2012. Ses talents de peintre sont reconnus très tôt : il a à peine 18 ans lorsqu’il obtient la bourse Antolin Grant au prix BMW, ce qui lui vaut sa première exposition personnelle à Madrid, à la galerie Alfama. Le même prix lui attribue une médaille d'honneur en 2009 et 2010 et finalement, en 2012, le prix BMW de peinture lui-même - la plus haute distinction et un véritable tremplin pour sa carrière. D’autres prix et de nombreuses expositions se sont enchaînées et ses œuvres ont rejoint de prestigieuses collections publiques et privées : le Musée d'art contemporain Infanta Elena (Tomelloso), la Ville de Madrid, la Bibliothèque Nationale d'Espagne, la fondation José Saramago (Lisbonne), la Fondation Valparaiso (Madrid), la Fondation Caja Madrid, etc.

Bio détaillée et portfolio : consultez le profil d'Albano sur Artistics.

 

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