05 octobre 2015

Introducing Matthieu Venot

Vivant à Brest, Matthieu Venot s'est fait connaître en photographiant cette ville sous un angle inédit : pleine de couleurs et de formes géométriques qui se détachent sur un grand ciel bleu. En se concentrant sur des détails architecturaux, il compose des images très graphiques, où l’abstraction prend le pas sur la représentation du paysage urbain.

 

Sans Titre I, série Prism.

Dans l’objectif de Matthieu Venot, la ville de Brest prend des airs de Miami Beach, côté Ocean Drive : ciel sans nuage, façades aux couleurs pastel et aux lignes épurées. Le cadrage serré et l’absence de toute présence humaine entretiennent le doute.

Le photographe n’est pourtant pas un "inventeur d’Amériques", qui chercherait à produire une image idéalisée de sa ville, ou à recréer une cité chimérique à partir d’éléments isolés. S’il avoue préférer l’environnement de villes réputées "pas très belles", Matthieu Venot se sert uniquement de leur décor pour composer des tableaux où l’objet photographié (une façade, un toit, un balcon, une rampe d’escalier…) se dissout et disparaît au profit d’un assemblage d’aplats de couleurs et de motifs très graphiques : "C’est de la photographie, mais ça pourrait être de la peinture : je choisis le cadre, à l’intérieur duquel je mets des formes et des couleurs que je trouve en général dans des bouts d’architecture."

Dans plusieurs de ses séries (Prism, Firework, Who Want Sky) le bleu du ciel sert de toile de fond à cet exercice de composition. Matthieu Venot privilégie les lumières de milieu de journée, qui font ressortir les couleurs des sols ou des bâtiments qu’il découpe et isole.

Au-delà de quelques références assumées (les photographes Josef Schulz, Ward Roberts, Matthias Heiderich), ses photos traduisent l’influence du cinéaste Jacques Tati "pour ses plans très travaillés" et de ses préférences musicales (il a longtemps travaillé dans l’univers musical), en particulier l’électro expérimentale "pour ce côté un peu lancinant, épuré, voilé..."

Au-delà de son aspect solaire, la photographie de Matthieu Venot se montre capable de générer des émotions ambivalentes, et l’impression de joie de vivre et d’optimisme qui s’en dégage peut parfois se teinter de mélancolie, comme dans sa dernière série Faded Glory (gloire fanée). Surtout, son travail nous rappelle que la beauté que nous trouvons (ou pas) dans notre environnement dépend aussi de la perspective que nous adoptons pour le regarder.

A propos de l’artiste :
Matthieu Venot, photographe autodidacte de 36 ans, fait partie de cette génération d’artistes qui s’est fait connaître grâce aux réseaux sociaux. Arrivé à Brest en 2008, il abandonne son travail d’ingénieur du son quatre ans plus tard pour se consacrer à la photographie. Ses clichés graphiques et colorés au format carré, qui offrent un regard inattendu sur l’environnement urbain brestois, créent rapidement un engouement parmi les amateurs d’art connectés. La popularité de son compte Instagram (il compte aujourd’hui près de 75 000 abonnés) attire l’attention des médias français et étrangers, qui relaient son travail et participent à sa diffusion. En 2014, son travail est exposé pour la première fois à Brest (studio Les Etablis) puis, quelques mois plus tard, à Paris, dans le cadre de Perspective Carrée, une exposition conçue par lesphotographes.org. En septembre 2015, il est invité avec une dizaine d’autres Instagramers à photographier le palais de l’Elysée (siège de la présidence de la République Française) dans le cadre de l’opération #emptyelysee.



 

Sans Titre VII, série Prism.

Sans Titre III, série Firework.

Sans Titre X, série Ain’t got no Troubles.

Sans Titre I, série Faded Glory.

 

 

 

 

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